Comprendre l’indicateur Footprint dans TradingView
L’indicateur Footprint (disponible dans TradingView) te révèle qui attaque et qui subit sur le marché. Car le Market Profile te montre où la vente aux enchères s’est attardée. Et le Volume Profile te montre à quels prix les volumes ont été les plus intenses. Mais aucun des deux ne te montre une chose essentielle : qui a pris l’initiative. Qui attaque, et qui subit. C’est exactement ce que le Footprint va te révéler.
Cet article est 100 % pédagogique. Ce n’est absolument pas un conseil d’achat ni un conseil d’investissement. Les indicateurs ne sont que des outils. Fais tes propres recherches.
La limite du Volume Profile
Table des matières
- 1 La limite du Volume Profile
- 2 Comment afficher le Footprint dans TradignView ?
- 3 La mécanique Bid × Ask
- 4 Acheteurs et vendeurs agressifs : ce que nous montre le Footprint
- 5 Delta et imbalances dans l’empreinte de volume
- 6 L’absorption lue sur l’indicateur Footprint
- 7 Comment interpréter la liquidité grâce au Footprint ?
- 8 Les ordres Iceberg
- 9 Localiser le volume dans la bougie
- 10 Les trois confirmations
- 11 Un microscope, pas une boule de cristal : mon avis sur le Footprint
- 12 Résumé et conclusion
Nous avons vu précédemment comment fonctionnait le Volume Profile.
Mais, supposons que ton Volume Profile affiche un volume considérable à 100 euros.
Il te dit : beaucoup d’actions ont été échangées à ce prix.
C’est tout. Il ne te dit pas :
- qui a initié ces transactions,
- dans quel ordre elles ont eu lieu,
- ni si les acheteurs ont réussi à faire monter le prix
- ou si un vendeur passif les a absorbés.
C’est une photo aérienne du champ de bataille, mais tu ne vois pas la progression des troupes.
Cet article est quasiment le transcript de cette vidéo :
Le Footprint, lui, descend au niveau du sol.
Mais tout d’abord…
Comment afficher le Footprint dans TradignView ?
Commençons par voir comment l’afficher dans TradingView.
Clique sur le bouton qui permet d’afficher les bougies ou les barres.
Déroule et clique sur Empreinte de volume.
Fais des zooms pour y voir quelque chose…
Il y a une sorte de tableau à deux colonnes pour chaque bougie.
Maintenant, regardons comment il fonctionne. Il faut avant tout faire un point sur le BID et le ASK.
La mécanique Bid × Ask
Le marché est une grande vente aux enchères permanente.
Et c’est comme dans l’immobilier. Les vendeurs demandent un prix pour leur maison.
C’est ce qu’on appelle le ASK.
Et les acheteurs font des offres, comme dans l’immobilier.
Tiens, ce jour, madame L. m’a appelé car elle a reçu une offre d’un acheteur pour son appartement situé au-dessus d’un de mes appartements.
L’acheteur a fait une offre.
On appelle l’offre, le BID.
Petit moyen mnémotechnique Bid – Ask
Le vendeur demande (ask en anglais) un prix.
Et il attend une offre (bid = offre aux enchères en anglais).
Mais si elle ne vient pas, il baisse son prix.
Donc, il est Au-dessus, et au-dessus, cela commence avec un A — comme Ask.
Le DOM – Depth Of Market & le Tape vs l’Empreinte
Les BID et les ASK sont dans le DOM (Depth Of market). C’est là qu’on trouve les ordres en attente.
Ensuite, on a le Tape ou Time and Sales, qui est un flux ultra rapide montrant les exécutions en direct.
Le Footprint ou Empreinte prend toutes ces données et les cartographie visuellement.
La différence c’est que le DOM montre une simple intention d’agir. Alors que dans le Tape, on a une action réelle agressive.
Mais ce qui se passe, c’est le Footprint qui nous le montre…
Acheteurs et vendeurs agressifs : ce que nous montre le Footprint
Dans le DOM Tant que tout le monde attend, il ne se passe rien.
Mais un vendeur peut devenir impatient.
Au lieu d’attendre qu’un acheteur accepte son prix, il vend directement au prix demandé. Il attaque le BID.
On parle de vente agressive.
À l’inverse, un acheteur pressé achète immédiatement au prix demandé par le vendeur.
Il tape le ASK. Et on appelle cela un achat agressif.
En somme, le DOM montre qui attend. Le Footprint montre qui attaque.
Delta et imbalances dans l’empreinte de volume
Dans un Footprint classique, tu vois deux nombres à chaque niveau de prix : BID x ASK.
À gauche, les ventes agressives exécutées au BID.
À droite, les achats agressifs exécutés à l’ASK.
Par exemple, 250 fois 900. Cela signifie :
- 250 unités vendues agressivement
- 900 achetées agressivement.
Les acheteurs ont été beaucoup plus agressifs à ce prix.
On peut calculer le delta par ligne : ASK moins BID. Ou globalement pour la bougie.
Dans notre exemple, 900 moins 250, ça donne plus 650. Delta fortement positif.
Mais attention — c’est très important — cela ne signifie pas automatiquement que le prix va monter. En effet, il y a plusieurs façons d’interpréter le Footprint.
L’absorption lue sur l’indicateur Footprint
Supposons que les acheteurs frappent massivement l’ASK.
Il y a de gros volumes et un delta très positif, plusieurs attaques acheteuses qui s’empilent.
Pourtant, le prix n’avance presque plus.
Les acheteurs attaquent, mais quelqu’un semble absorber tous leurs achats avec d’importants ordres de vente.
C’est ce qu’on appelle une absorption.
Force et résultat
Le Footprint ne te montre donc pas seulement la force déployée.
Il te permet de comparer cette force avec le résultat obtenu. Un peu comme la 3ème loi de Wyckoff.
Beaucoup d’effort et un grand déplacement du prix ? L’attaque fonctionne.
Beaucoup d’effort mais presque aucun déplacement ? Quelqu’un résiste de l’autre côté.
C’est comme voir une armée charger sans parvenir à faire reculer son adversaire. La charge paraît impressionnante, mais ce n’est pas forcément l’armée qui attaque qui est la plus forte.
Comment interpréter la liquidité grâce au Footprint ?
L’empreinte de volume est très utile pour analyser la liquidité et ce qui se passe dans la séance (ou dans la bougie).
On peut analyser le delta d’une zone de prix ou d’une bougie.
Regardons cela.
La divergence de Delta
Imagine une bougie qui clôture en hausse.
Tu t’attends à un delta positif.
Mais le Footprint t’affiche un delta négatif.
Le prix monte, alors que les vendeurs agressifs sont majoritaires.
C’est une divergence de delta.
Qu’est-ce que ça signifie ?
La hausse s’est produite malgré la domination des vendeurs.
Quelque chose — ou quelqu’un — a poussé le prix vers le haut autrement.
C’est souvent un signal de retournement imminent.
C’est très important :
quand le prix et le delta racontent deux histoires différentes, il faut faire attention.
Footprint
Cela dit, ce n’est absolument pas systématique. Une divergence de cette sorte n’implique pas forcément un retournement..
Un meilleur moyen à mon goût est de regarder tes indicateurs techniques sur une unité de temps plus courte. On y reviendra plus tard.
Les stacked Imbalances
Une imbalance, c’est quand, à un niveau de prix, le volume d’un côté écrase le volume de l’autre côté.
Quand plusieurs imbalances dans le même sens s’empilent verticalement sur une bougie — une, puis une autre, puis une autre — on parle de stacked imbalances.
Ce n’est plus une simple poussée. C’est une pression directionnelle soutenue sur plusieurs niveaux de prix consécutifs.
Les acheteurs — ou les vendeurs — avancent niveau par niveau, sans résistance. C’est le signal que le camp dominant contrôle la bougie du début à la fin.
Mais parfois c’est beaucoup moins clair.
Et, là, on frise la manipulation.
Et le footprint permet de le voir.
L’absorption
En effet, parfois, le prix reste stabilisé, alors que le delta est négatif.
Plus de vendeurs agressifs que d’acheteurs agressifs, et pourtant le prix stagne.
C’est contre-intuitif.
Une explication peut être la suivante : des acheteurs placent des ordres limites massifs dans le carnet d’ordres — des murs d’achat qui absorbent chaque vente agressive, tick par tick.
Ces ordres n’apparaissent pas dans le delta, parce qu’ils ne sont pas agressifs.
Ils sont passifs. Ils apparaissent dans le DOM.
Le prix stagne malgré la pression vendeuse grâce à cette liquidité cachée au footprint.
C’est le phénomène d’absorption.
Mais il arrive qu’il n’y ait pas d’ordre limite massif dans le carnet.
Comment cela se fait-il ?
Comment le prix n’arrive pas à baisser malgré les ventes aggressives ?
Les ordres Iceberg
Imagine qu’il y a un ordre d’achat limite de 200 actions à 100 euros. C’est le seul ordre.
Un vendeur arrive. Il vend les 200 actions à 100,00.
L’offre à ce niveau de prix devrait disparaître.
Pourtant, 100 actions réapparaissent au bid, au même prix.
De nouvelles ventes sont exécutées.
La quantité disponible réapparaît encore. Le prix ne baisse pas.
Dans ce cas-là, on a peut-être un ordre iceberg : un acteur recharge ses ordres limites en continu, au même prix, généralement par un algorithme.
Par exemple, cet algo peut être fourni par le broker (Interactive Brokers le propose).
Cela permet à l’acheteur de cacher la quantité qu’il veut acheter au final.
Ainsi, dans ce cas, le delta ment — ou plutôt, il ne raconte que la moitié de l’histoire.
L’ordre iceberg dit en quelque sorte :
« Je veux réellement acheter 5 000 actions, mais je n’en montre que 100. »
Et le footprint peut permettre de déceler ce phénomène.
Mais il existe un phénomène inverse :
Le spoofing
Le spoofing dit :
« Je montre que je veux acheter 5 000 actions, mais je ne veux surtout pas les acheter. »
Le footprint ne permet pas de déceler le spoofing car l’ordre n’est jamais exécuté. C’est une limitation du footprint.
Nous verrons dans un prochain article ce qu’est réellement le spoofing et comment le détecter.
Mais revenons au delta.
Localiser le volume dans la bougie
Le delta global te dit qui a dominé la bougie.
Mais il ne te dit pas à quel prix cette domination s’est produite.
Une bougie peut avoir un delta très positif, mais si les achats se sont concentrés au plus haut, ce n’est pas la même information que s’ils se sont concentrés au plus bas.
En regardant les blocs de volume individuellement dans le Footprint, tu peux identifier les niveaux précis où l’écart bid-ask est le plus marqué.
C’est là que la pression s’est concentrée. Ça te permet d’affiner ton point d’entrée.
Ça demande de la pratique, mais après quelques sessions, tu repères en un coup d’œil où le volume s’est agglutiné à l’intérieur d’une bougie.
Attention, encore une fois, ce n’est pas systématique.
Car, voilà : même avec le footprint on a besoin de confirmations. Des confluences.
Les trois confirmations
Par exemple, quand le prix arrive sur un niveau clé comme un support, le Footprint te donne plusieurs types de confirmation.
Quand le prix arrive sur un support, le Footprint permet de voir si les acheteurs le défendent réellement ou pas.
La réaction forte
Le prix touche le support, puis repart immédiatement.
Le delta devient fortement positif, le volume augmente et la bougie clôture loin de son plus bas.
Ici, les acheteurs ne se contentent pas de défendre : ils prennent le contrôle.
L’absorption
Les vendeurs continuent de frapper le bid.
Le delta est très négatif, mais le prix ne baisse plus.
Cela signifie que des acheteurs limites absorbent les ventes.
Attention : l’absorption montre que le support résiste, mais il vaut mieux attendre que le prix commence réellement à rebondir.
L’épuisement
En approchant du support, les ventes deviennent moins nombreuses, le volume diminue et le delta est de moins en moins négatif.
Les vendeurs s’essoufflent.
Mais l’absence de vendeurs ne suffit pas : il faut encore que des acheteurs apparaissent pour provoquer le retournement.
Et le cas où le support ne tient pas ?
Premier scénario :
- les vendeurs attaquent avec force.
- Le delta devient fortement négatif, le volume augmente et le prix traverse le support sans réaction.
C’est une cassure par initiative vendeuse.
Deuxième scénario :
- le prix descend avec peu de volume parce que les acheteurs ont retiré leurs ordres.
- Il n’y a presque aucune absorption.
- Le marché tombe dans un vide de liquidité et le support cède sans grand combat.
Enfin, une absorption peut échouer :
- les acheteurs encaissent d’abord les ventes, mais finissent par être submergés.
- Le support casse alors brutalement.
Mais avant de crier au rebond, il faut idéalement attendre l’apparition d’acheteurs :
- delta qui repasse positif ;
- déséquilibres acheteurs ;
- bougie qui clôture loin du plus bas ;
- réintégration du support après une petite cassure.
Le niveau de support ou de résistance te dit donc où regarder. Le Footprint te montre ensuite qui gagne réellement le combat.
Un microscope, pas une boule de cristal : mon avis sur le Footprint
Voici mon avis à propos du Footprint : je le vois comme un microscope.
Si c’était sur un chantier, il te permettrait d’observer les pierres une par une et admirer la structure d’un bel escalier de pierre.
Mais pour savoir si un tas de pierres va se transformer en un mur, une tour ou un château, il faut prendre du recul et observer la structure globale du prix.
Le Footprint te montre comment le mouvement s’est fabriqué, mais il ne te dit pas où le marché veut aller.
Enfin, le Footprint est aussi statique. Il y a d’autres outils plus dynamiques, mais également imparfaits.
Tu pourras découvrir une approche plus intéressante en t’inscrivant à ma mailing list.
Résumé et conclusion
En résumé, le Market Profile montre où la vente s’est attardée, le Volume Profile montre où les échanges ont été intenses, le Footprint montre quel camp a attaqué à chaque prix — et l’order flow, c’est l’ensemble de cette bataille en direct entre ordres passifs et ordres agressifs.
Si tu es intéressé par l’étude de l’order flow et les outils liés, lis ma playlist Youtube.
J’ai aussi une playlist sur le carnet d’ordres qui est très didactique et appréciée.
Et si tu es plus généralement intéressé par le trading et si tu désires structurer le tien, abonne-toi à m mailing-list en haut de cette page.
































